Monsieur le Premier Ministre,
chargé de la coordination de l’action gouvernementale
et des privatisations,
Mesdames les Premières Dames et chères sœurs,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Agences
du Système des Nations Unies,
Madame la Présidente de l’Organisation Internationale
de Lutte contre la Drépanocytose,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
L’histoire de notre humanité a sans doute été
marquée par l’apparition de différents
maux qui ont à chaque époque, laissé
croire à une extinction importante d’une frange
de notre espèce.
La peste bubonique avant-hier en Europe, avait charrié
des peurs irrationnelles.
La trypanosomiase et la lèpre hier, ont ébranlé
les consciences de nos contemporains.
Le Sida et le paludisme aujourd’hui, projettent dans
nos esprits, l’idée d’une disparition d’un
an entier de notre continent.
Mais face à ces périls, patiemment, obstinément,
l’humanité s’est toujours donnée
les moyens de sa survie.
Mesdames, Messieurs, Distingués invités
Brazzaville, notre chère Capitale qui est honorée
par votre présence dans ses murs, est le point d’aboutissement
d’un processus entamé voilà bientôt
7 mois.
En effet, suite à notre interpellation par l’Organisation
Internationale de lutte contre la Drépanocytose, ma
sœur Viviane WADE et moi-même, avions entrepris
un plaidoyer qui nous avait conduites en France et en Belgique.
L’idée de voir des enfants innocents, qui n’avaient
rien demandé à personne, naître et vivre
avec une lourde hypothèse, nous était simplement
insupportable. La vie des familles brisée par la stigmatisation
et la culpabilité, ne pouvait laisser indifférentes
les mères que nous sommes.
Nous voici donc réunis ici et maintenant, avec le concours
des acteurs de la drépanocytose venus de divers horizons,
explorer les solutions à apporter et les moyens à
mettre en œuvre, pour lutter contre cet important fléau
dont la forme hétérozygote frappe plus de 50
millions de personnes dans le monde, entraînant complications
et mortalité au sein principalement de la population
infantile. La forme homozygote quant à elle, atteint
en Afrique près de 200.000 naissances par an et entraîne
une forte morbidité et un taux de mortalité
très inquiétant.
Comme dans toute affection qui touche avec une prévalence
importante l’Afrique subsaharienne, il est à
déplorer une disparité dans les moyens de lutte.
Si dans un pays du Nord, ces moyens permettent d’améliorer
la prise en charge des malades et d’augmenter leur espérance
de vie, chez nous, la découverte de la maladie n’engendre
que pleurs et désolation.
L’ignorance, la faiblesse de la sensibilisation, la
stigmatisation des familles et son corollaire, l’auto
culpabilisation, contribuent à n’en point douter,
à faire de la drépanocytose une maladie infamante.
Pourtant, les maladies génétiques, à
l’instar des bêta thalassémies qui prédominent
au niveau du bassin méditerranéen et en Amérique
du Nord, ne sont pas une fatalité.
Bien au contraire, ces affections voisines de la drépanocytose
sont actuellement en fréquence très réduite
et les formes majeures ne sont plus mortelles, du fait des
moyens de sensibilisation et de prise en charge, consentis
par ces Etats.
C’est pourquoi dans ces conditions, la drépanocytose
devrait- elle continuer à être considérée
comme une maladie orpheline, sévissant dans l’anonymat,
sous
le regard indifférent de la communauté internationale,
alors qu’elle prend des proportions importantes au point
d’occuper la tête des maladies génétiques
dans plusieurs pays.
Mesdames, Messieurs, Distingués invités,
Comme vous le savez, les Premières Dames d’Afrique
sont organisées depuis un moment, autour des différentes
structures telles la MIPREDA, l’OPDAS Synergies Africaines
et j’en passe.
De ce fait, elles se sont portées Ambassadeurs volontaires
aux côtés de leurs époux, pour lutter
contre la pauvreté, les souffrances et préserver
la paix.
Elles se proposent comme la voix d’en haut, chargées
de relayer à la communauté internationale, ce
qu’endurent les familles d’en bas.
Ainsi donc, les Premiers Etats Généraux Mondiaux
de la Drépanocytose qui se tiennent aujourd’hui
à Brazzaville ont pour but principal, d’interpeller
les autorités nationales de tous les pays, d’alerter
les médecins, les chercheurs, les associations de malades,
les organisations internationales et les gouvernements sur
la nécessité :
- de consacrer tout d’abord cette maladie génétique
comme une priorité de santé publique à
travers l’adoption des résolutions et recommandations
dans les organisations internationales ;
- de mettre ensuite en œuvre des stratégies
de lutte contre cette maladie. Ces stratégies passent
nécessairement par l’information et l’éducation,
le dépistage précoce, la prise en charge améliorée
et facilitée par l’accès facile aux
soins, la couverture vaccinale étendue, des moyens
thérapeutiques adoptés et disponibles ;
- d’apporter enfin un soutien conséquent à
tous les mouvements associatifs impliqués dans la
lutte contre la drépanocytose.
Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
Dans ce monde en ébullition, où la paix et la
sécurité ne se résument plus seulement
à l’absence de guerre, il appartient aux Premières
Dames d’Afrique, de recueillir les aspirations du continent,
tout en nourrissant une vie rationnelle du futur, afin de
continuer d’identifier les problèmes, et de proposer
des solutions qui ne relèvent pas de modèles
imposés ou de schémas préétablis.
Il s’agit plutôt pour les Premières Dames
d’Afrique de réfléchir sur tous les mécanismes
visant à promouvoir une paix et un développement
durables en Afrique. Notre devoir de mère et d’épouse,
nous y astreint.
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