ALLOCUTION
DE
MADAME
ANTOINETTE SASSOU NGUESSO

Monsieur le Premier Ministre, chargé de la coordination de l’action gouvernementale et des privatisations,
Mesdames les Premières Dames et chères sœurs,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Agences du Système des Nations Unies,
Madame la Présidente de l’Organisation Internationale de Lutte contre la Drépanocytose,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

L’histoire de notre humanité a sans doute été marquée par l’apparition de différents maux qui ont à chaque époque, laissé croire à une extinction importante d’une frange de notre espèce.
La peste bubonique avant-hier en Europe, avait charrié des peurs irrationnelles.
La trypanosomiase et la lèpre hier, ont ébranlé les consciences de nos contemporains.
Le Sida et le paludisme aujourd’hui, projettent dans nos esprits, l’idée d’une disparition d’un an entier de notre continent.
Mais face à ces périls, patiemment, obstinément, l’humanité s’est toujours donnée les moyens de sa survie.
Mesdames, Messieurs, Distingués invités

Brazzaville, notre chère Capitale qui est honorée par votre présence dans ses murs, est le point d’aboutissement d’un processus entamé voilà bientôt 7 mois.
En effet, suite à notre interpellation par l’Organisation Internationale de lutte contre la Drépanocytose, ma sœur Viviane WADE et moi-même, avions entrepris un plaidoyer qui nous avait conduites en France et en Belgique.

L’idée de voir des enfants innocents, qui n’avaient rien demandé à personne, naître et vivre avec une lourde hypothèse, nous était simplement insupportable. La vie des familles brisée par la stigmatisation et la culpabilité, ne pouvait laisser indifférentes les mères que nous sommes.
Nous voici donc réunis ici et maintenant, avec le concours des acteurs de la drépanocytose venus de divers horizons, explorer les solutions à apporter et les moyens à mettre en œuvre, pour lutter contre cet important fléau dont la forme hétérozygote frappe plus de 50 millions de personnes dans le monde, entraînant complications et mortalité au sein principalement de la population infantile. La forme homozygote quant à elle, atteint en Afrique près de 200.000 naissances par an et entraîne une forte morbidité et un taux de mortalité très inquiétant.

Comme dans toute affection qui touche avec une prévalence importante l’Afrique subsaharienne, il est à déplorer une disparité dans les moyens de lutte.
Si dans un pays du Nord, ces moyens permettent d’améliorer la prise en charge des malades et d’augmenter leur espérance de vie, chez nous, la découverte de la maladie n’engendre que pleurs et désolation.

L’ignorance, la faiblesse de la sensibilisation, la stigmatisation des familles et son corollaire, l’auto culpabilisation, contribuent à n’en point douter, à faire de la drépanocytose une maladie infamante.
Pourtant, les maladies génétiques, à l’instar des bêta thalassémies qui prédominent au niveau du bassin méditerranéen et en Amérique du Nord, ne sont pas une fatalité.

Bien au contraire, ces affections voisines de la drépanocytose sont actuellement en fréquence très réduite et les formes majeures ne sont plus mortelles, du fait des moyens de sensibilisation et de prise en charge, consentis par ces Etats.

C’est pourquoi dans ces conditions, la drépanocytose devrait- elle continuer à être considérée comme une maladie orpheline, sévissant dans l’anonymat, sous
le regard indifférent de la communauté internationale, alors qu’elle prend des proportions importantes au point d’occuper la tête des maladies génétiques dans plusieurs pays.
Mesdames, Messieurs, Distingués invités,

Comme vous le savez, les Premières Dames d’Afrique sont organisées depuis un moment, autour des différentes structures telles la MIPREDA, l’OPDAS Synergies Africaines et j’en passe.
De ce fait, elles se sont portées Ambassadeurs volontaires aux côtés de leurs époux, pour lutter contre la pauvreté, les souffrances et préserver la paix.
Elles se proposent comme la voix d’en haut, chargées de relayer à la communauté internationale, ce qu’endurent les familles d’en bas.

Ainsi donc, les Premiers Etats Généraux Mondiaux de la Drépanocytose qui se tiennent aujourd’hui à Brazzaville ont pour but principal, d’interpeller les autorités nationales de tous les pays, d’alerter les médecins, les chercheurs, les associations de malades, les organisations internationales et les gouvernements sur la nécessité :

  • de consacrer tout d’abord cette maladie génétique comme une priorité de santé publique à travers l’adoption des résolutions et recommandations dans les organisations internationales ;
  • de mettre ensuite en œuvre des stratégies de lutte contre cette maladie. Ces stratégies passent nécessairement par l’information et l’éducation, le dépistage précoce, la prise en charge améliorée et facilitée par l’accès facile aux soins, la couverture vaccinale étendue, des moyens thérapeutiques adoptés et disponibles ;
  • d’apporter enfin un soutien conséquent à tous les mouvements associatifs impliqués dans la lutte contre la drépanocytose.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
Dans ce monde en ébullition, où la paix et la sécurité ne se résument plus seulement à l’absence de guerre, il appartient aux Premières Dames d’Afrique, de recueillir les aspirations du continent, tout en nourrissant une vie rationnelle du futur, afin de continuer d’identifier les problèmes, et de proposer des solutions qui ne relèvent pas de modèles imposés ou de schémas préétablis.
Il s’agit plutôt pour les Premières Dames d’Afrique de réfléchir sur tous les mécanismes visant à promouvoir une paix et un développement durables en Afrique. Notre devoir de mère et d’épouse, nous y astreint.


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