Monsieur le Premier
Ministre, Chargé de la Coordination de l’action
gouvernementale et des privatisations
Mesdames les Premières Dames
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs des Missions
Diplomatiques et Consulaires
Mesdames et Messieurs les Représentants des agences
du Système des Nations Unies
Honorables invités
J’ai l’honneur et le plaisir de m’adresser
à cette auguste assemblée de ce jour dans le
cadre des premiers Etats généraux de la Drépanocytose,
qui nous réunissent en ce moment à Brazzaville
au Congo.
Permettez moi, avant toute chose, de remercier solennellement
le Chef de l’Etat du Congo, le Président SASSOU
NGUESSO, ainsi que son Epouse Madame Antoinette SASSOU NGUESSO,
pour leur implication dans l’organisation et la réussite
de cet évènement qui est le premier du genre.
Nous disons un grand merci à toutes les Premières
Dames ici présentes, d’avoir accepté sur
invitation de leur paire Madame Antoinette SASSOU NGUESSO,
Première dame du Congo, de se joindre à nous
pour ces premiers états généraux de la
drépanocytose.
Citons :
- Madame Viviane WADE, Première Dame du Sénégal
- Madame Lobbo TRAORE, Première Dame du Mali
- Madame Halimé DEBY, Première Dame du Tchad
- Madame Monique BOZIZE, Première Dame de Centrafrique
Cette rencontre capitale dans la lutte contre la drépanocytose,
maladie génétique la plus importante au monde,
nous permettra de mettre en place, en collaboration avec l’OMS
(l’Organisation Mondiale de la Santé), une politique
de prise en charge adaptée en fonction de différents
pays.
Cet événement a été mis en oeuvre
par l’Organisation Internationale de Lutte contre la
Drépanocytose (OILD) que j’ai le privilège
de présider.
L’OILD
est une organisation non gouvernementale, qui a été
créée par l’Association Sud Développement
en l’an 2000. Elle regroupe des professionnels de santé,
des chercheurs, des associations de malades et des personnalités
de différents pays, ayant en commun un engagement pour
la lutte contre la drépanocytose dans le monde. Les
principaux objectifs que notre organisation s’est fixée
sont :
Informer et sensibiliser les populations sur la drépanocytose
en particulier dans les pays à forte prévalence,
comme le Congo.
- Promouvoir le renforcement de la formation du personnel
médical et paramédical.
- Appuyer les acteurs sur le terrain pour la mise en place
de structures de référence pour le diagnostic
et la prise en charge précoce des patients.
- Favoriser les échanges entre scientifiques d’horizons
divers pour une meilleure connaissance de la maladie et
pour la promotion de la recherche.
- Sensibiliser les décideurs au niveau des Etats
et des organismes internationaux pour l’inscription
de la drépanocytose parmi les priorités de
santé publique.
Conscientes de la pertinence de ces objectifs, Mesdames
Antoinette SASSSOU NGUESSO et Viviane WADE, respectivement
Premières Dames du Congo et du Sénégal,
ont souhaité apporter leur soutien en acceptant d’être
Présidentes d’honneur de l’OILD, au côté
du Président Emile ZINSOU, lui aussi Président
d’honneur de l’organisation depuis des années.
Elles ont débuté un plaidoyer international
en Novembre 2004 en Europe, qui se poursuivra en Amérique
et au Moyen Orient avec l’ OILD.
Mesdames, Messieurs, distingués invités,
Vous en conviendrez avec moi que la drépanocytose
n’est pas une fatalité. Elle nécessite
une prévention primaire notamment par l’information
et la sensibilisation des populations, ainsi que le conseil
génétique. Pour être efficace, cette prise
en charge nécessite un financement permanent, des infrastructures
appropriées, un personnel médical et paramédical
bien formé. Un traitement n’est pas encore disponible,
mais l’espoir nous est permis si nous fournissons des
efforts soutenus dans la recherche.
La drépanocytose est la maladie génétique
la plus répandue au monde. On la retrouve dans les
cinq continents, plus de cent trente pays sont concernés.
En Afrique, plus de trois cent mille enfants naissent chaque
année atteints par cette pathologie et plus de cinquante
pour cent de ces enfants malades décèdent avant
l’âge de cinq ans. Ceci à cause du manque
de dépistage et de prise en charge. La drépanocytose
est une maladie grave et handicapante.
Pourquoi jusqu’à nos jours, cette maladie n’est-elle
pas encore considérée comme une priorité
de santé publique ? Car Mesdames et Messieurs, distingués
invités, c’est à cette seule condition
qu’elle pourrait alors bénéficier des
moyens nécessaires pour une politique de prévention
et de prise en charge appropriée. Cette condition est
évidemment encore loin d’être satisfaite
et de ce point de vue, elle est encore considérée
comme une maladie orpheline.
Vous comprendrez donc l’intérêt des états
généraux qui nous permettront de faire le bilan
sur la maladie, de concevoir un cadre stratégique de
concertation, d’échanges d’informations
et d’expériences. Les experts de chaque pays
proposeront des modalités d’actions. Enfin nous
attendons une déclaration des Premières Dames
qu’on pourra appeler « Déclaration de Brazzaville
», qui sera soumise au projet de recommandation présenté
à l’Assemblée Générale des
Nations Unies.
Mesdames les Premières Dames, ce qui fera l’honneur
des états généraux c’est votre
déclaration, la « Déclaration de Brazzaville
».
Au terme de cette rencontre, il est capital qu’un
projet de résolution soit élaboré et
proposé aux Etats dans le cadre de l’Union Africaine,
afin d’amplifier les efforts déjà entrepris,
et de donner enfin aux acteurs sur le terrain, les moyens
de gagner cette bataille, ô combien difficile, mais
pas insurmontable.
L’OILD souhaite que chaque pays mette sur pied une structure
nationale de prise en charge de la drépanocytose, et
élabore un programme national.
A cet effet, nous saluons ici la Fondation Congo Assistance,
et sa Présidente, Madame Antoinette SASSOU NGUESSO,
qui ne ménagent aucun effort et qui vont mettre en
place pour la République du Congo, d’importants
moyens, pour lutter contre cette maladie. Je tiens aussi à
remercier les Présidents Denis Sassou Nguesso qui a
accepté que soit construit dans son pays deux centres
de référence sur la drépanocytose.
Les autres Etats doivent suivre cet exemple si ce n’est
déjà fait.
Les différents acteurs de la lutte ont un rôle
important à jouer :
- Les malades doivent s’organiser pour mieux coordonner
leurs initiatives, afin de maîtriser l’évolution
de leur santé ;
- Les associations doivent s’unir autour des objectifs
essentiels, et accompagner les malades ;
- Les scientifiques doivent échanger leurs expertises
pour faciliter la prise en charge et la connaissance de
la maladie ;
- Nous faisons appel aux industries pharmaceutiques pour
qu’elles reconsidèrent l’énorme
marché potentiel lié à la drépanocytose,
et qu’elles permettent aux familles et aux malades
d’avoir accès facilement au médicament
;
- Nous demandons aux états d’élaborer
des stratégies et des programmes de lutte contre
cette maladie, comme ils l’ont fait pour d’autres
maladies que nous ne citerons pas ici ;
- Nous invitons l’OMS à participer à
la coordination, au niveau mondial des efforts fournis par
les différents acteurs précités.
Saluons déjà ici l’initiative du Président
Sénégalais, Maître Abdoulaye WADE, qui
a pris l’initiative d’organiser dans son pays
le Sénégal, une conférence des ministres
africains de la Santé, autour de la Drépanocytose
et de construire un centre de référence à
Dakar.
Mesdames et Messieurs,
L’OILD s’engage dès à présent
à porter partout où besoin sera le message d’espoir
que nous partageons ici. Il y aura dès 2005, notamment
des projets de résolution que le Congo, le Sénégal
et la France présenteront aux assemblées générales
suivantes :
- En juillet 2005, l’Assemblée des Chefs d’Etats
de l’Union Africaine ;
- Septembre 2005, l’Assemblée Générale
des Nations unies ;
- Octobre 2005, les Assemblées Générale
de l’UNESCO, et des parlementaires du Groupe des pays
ACP/UE.
Avant de terminer mon propos je voudrais ici remercier les
personnes morales qui nous accompagnent depuis déjà
quelque temps dans notre démarche pour apporter aux
familles et malades touchés par la drépanocytose,
du bien être et surtout de l’espoir :
- OMS – UNESCO – OIF – Caisse Primaire d’Assurance
Maladie des Hauts de Seine - UPSA – NOVARTIS –
SANOFI - AUF – PNUD et les Partenaires médias.
Mais également remercier tous les anonymes qui quotidiennement,
et discrètement nous apportent beaucoup.
Une fois de plus merci à toutes les Premières
Dames ici présentes, qui ont bien voulu honorer de
leur présence, pour s’associer à nous,
pour défendre cette noble cause, malgré leurs
multiples préoccupations, quittant provisoirement leurs
maris et leurs enfants et nous leur souhaitons un agréable
séjour à Brazzaville.
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